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p_2017_4 - "Le dessin et le doctorat en architecture par la VAE » Colloque UPEC doctorat par la VAE

Statut

"Le dessin et le doctorat en architecture par la VAE » Colloque UPEC doctorat par la VAE - 2017_...

Commanditaire : UPEC

Sujet : « Le dessin et le doctorat en architecture par la VAE »

Équipe : Philippe Villien architecte urbaniste, enseignant en architecture, chercheur - docteur en architecture par la VAE

Partenaires : Le colloque « Le doctorat, entre certification académique et titre professionnel. Quel sens revêt l’engagement en formation doctorale par VAE ? » est organisé par le Laboratoire Interdisciplinaire de Recherche sur les Transformation des Pratiques Educativ

Communication au Colloque international "Le doctorat, entre certification académique et titre professionnel. Quel sens revêt l’engagement en formation doctorale par VAE ?"
Jeudi 16 novembre 2017. UPEC Faculté SESS Staps – Pyramide - Salle 104.

Communication intitulée : « Le dessin et le doctorat en architecture par la VAE »
Les questions soulevées par la place et le rôle de la pratique du dessin d’architecture me semble être un « fil » intéressant à tirer, afin de démêler l’écheveau des réflexions et des postures sur le doctorat en architecture par la VAE.
Etrangement cette compétence n’est pas directement convoquée dans le référentiel du doctorat par la VAE, soumis aux différents jurys depuis mai 2017. Et pourtant elle pourrait constituer un lien entre les différents mémoires de doctorat en architecture par la VAE soutenus. Chacun des architectes qui a soutenu son doctorat par la VAE a une pratique et une réflexion personnelle sur le dessin d’architecture. Mieux le dessin, comme représentation du projet d’architecture est essentiel à la compréhension des problématiques défendues.

Je cadrerai donc cet exposé par l’hypothèse que la pratique du « dessin » pourrait être comprise comme une « méta-compétence » nécessaire au doctorat en architecture. Par « dessin » je désigne largement toutes les représentations et les simulations nécessaires au projet d’architecture, parfois accompagnées par l’écrit et le chiffre. Le dessin d’architecture est à l’articulation de la pensée scientifique et de la pensée esthétique : il est ainsi crucial à une vision interdisciplinaire de l’architecture. Le dessin que je convoque est celui défini par la notion « d’image de pensée », au sens que lui donnent Marie Caraës et Nicole Marchand-Zanartu en 2011 (note 1). Cette large notion permet de penser le rôle du dessin dans de nombreuses pratiques intellectuelles, plastiques et rationnelles.

Une démarche de Validation des Acquis et de l’Expérience suppose de mettre en évidence des compétences. Je me centre ici sur une méta-compétence, c’est-à-dire sur une compétence partagée par plusieurs professions. Le savoir-faire et le savoir-penser avec et par le dessin sont l’une de ces méta-compétences de l’architecte, de l’urbaniste, mais aussi de l’enseignant et du chercheur en architecture. Le dessin constitue une passerelle évidente entre les savoirs d’action et les savoirs de réflexion, par l’intermédiaire de la mémoire. Le dessin est la mémoire du projet. Le dessin contribue à la mémoire des idées, qui sont à la base de la réflexion et de la sédimentation des connaissances.

J’ai exploré particulièrement, dans mon mémoire de doctorat, l’interaction de trois domaines professionnels, ceux de la recherche, de l’enseignement et de l’urbanisme. C’est la pratique de ces trois professions qui m’a amené à soutenir mon doctorat en architecture par la VAE. J’ai constaté que la pratique du dessin est une méta compétence mobilisée diversement mais de manière intense dans ces trois domaines.
Cette perspective est essentiellement pluridisciplinaire. Mais elle ne vaut pour moi que si elle permet de contribuer à une vision « intradisciplinaire », peut-être même à cause cette origine hybride. Est-il possible de construire une posture à partir de cette interaction là ? Et à partir de cette posture comment se sédimente les expériences passant par le dessin ? Comment ces expériences accumulées se traduisent-elles en connaissances via la pratique du dessin ? Le doctorat par la VAE prend nécessairement appui sur ces expériences et il les « commutent » en connaissances, identifiables d’un point de vue académique. Aussi pouvons Je me concentre sur les compétences acquises qui mobilisent le « dessin ».
Le dessin serait à installer comme une « méta-compétence mémorielle » et l’observation fine de sa pratique peut ouvrir la voie à des constats peu diffusés. Nous vivons une transition majeure, celle du passage de la « ratio de la représentation » vers celle de la « simulation », constat avéré dans chacune de mes professions à des degrés divers. Dans cette transition il nous faut redéfinir le rôle et la pratique du dessin.
Il devient possible de contribuer à la construction d’un modèle assemblant des domaines cognitifs trop séparés, ceux de l’enseignant, du chercheur et du praticien en architecture.
Pour finir provisoirement je voudrais évoquer ici la pensée de l’architecte Alvaro Siza sur le dessin, liant magnifiquement dessin, mémoire et écologie :
« Le dessin comme mémoire. (…) Le dessin est le langage et la mémoire, le moyen de dire à soi-même et à d’autres quelque chose à propos du bâtiment. Il ne dessine pas parce que l’architecture l’exige. Il suffit de penser, d’imaginer pour cela. Il dessine par plaisir, par nécessité, par vice. Que d’autres dessinent pour lui ce qu’il imagine, pour que d’autres qui le désirent vaguement puissent réaliser ce qu’il imagine. Dessins techniques. Dessins de machines. Dessins sans esthétique, si ce n’est celle, latente, qui est nécessaire et suffisante pour assurer une vie matérielle, le flux de l’eau, de l’air, de l’énergie, des communications, de la beauté. Paris, 1er mars 1994 (note 2) »
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Note 1 : Marie Caraës et Nicole Marchand-Zanartu, Images de pensée, Paris, Éd. de la Réunion des Musées nationaux, 2011, 128 pages.
Note 2 : Alvaro Siza, Des mots de rien du tout, Saint-Étienne, Publications de l’Université de Saint-Étienne, 2002, 142 pages. Page 75.

Document lié : colloque_vae_UPEC_LIRTES_14_16nov17_programme.pdf

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